Banlieues Respect est une fédération d'organisation associatives provenant de quartiers situées dans les zones urbaines sensibles.
Collectif non subventionné depuis sa création en 2005.

Archive pour avril 2012

Lettre du président d’une association de soutien scolaire en Banlieue.

Monsieur Le Président, je vous écris pour vous annoncer que je vous quitte

 Monsieur Le Président, vous qui êtes le plus haut représentant de la République et à ce titre, garant de nos institutions et de l’unité nationale, j’ai le regret de constater que vous m’avez menti, trompée et manipulée.

Moi, qui ai tout connu, on m’a affublée des noms les plus divers : les faubourgs, les quartiers, la zone… On m’a attribué les épithètes les plus péjoratives. Alors que j’ai vu naître et grandir dans mon giron des générations de femmes et d’hommes de divers horizons. J’ai façonné dans mon creuset les Français d’aujourd’hui. J’ai tant donné à mon pays. Vous-même, Monsieur le Président, avez bénéficié de mes largesses !

Vous aviez su me séduire par vos promesses, mais la déception fut à la hauteur des faux espoirs ! J’ai tellement souffert. J’avais cru trouver en vous un compagnon fidèle et dévoué et voilà qu’à présent, je suis abusée, trompée, insultée, dénigrée, stigmatisée et accusée de tous les maux.

Tout a commencé par les mensonges et les tromperies. En 2007, vous aviez voulu m’offrir un « Plan Marshall », «pour qu’aucun [de mes enfants] ne soit laissé de côté, pour que chacun puisse tenter sa chance, pour que chacun ait un emploi ». C’étaient là vos propres mots, et un court instant, j’en avais même oublié que vous aviez voulu auparavant me « nettoyer au Kärcher ». Mais 5 ans plus tard, le résultat est consternant ! Le taux de chômage de mes habitants a atteint des taux jamais égalés depuis quinze ans et ils sont les premières victimes des discriminations au logement et à l’embauche.

Vous m’aviez pourtant presque conquise en déclarant « J’aime cette France de toutes les couleurs et de toutes les  religions où s’entremêlent tant d’histoires, de souvenirs et de cultures »Je voyais à travers vous l’homme idéal pour mes enfants issus d’origines, de couleurs et de confessions diverses. Je vous avais alors confié Rachida, Rama et Fadela, mais là encore quelle déception ! Vous ne leur avait pas accordées la place qu’elles méritaient et ce faisant, c’est moi que vous dénigriez. Ce n’était malheureusement pas là la moindre de vos manipulations.

Comme si cela ne suffisait pas,vous avez laissé votre « horde de feu », votre successeur zélé au ministère l’intérieur, me stigmatiser en prétendant vouloir « donner des coups de pied dans la fourmilière. »Celui-là même que la Justice française a finalement condamné pour ses propos racistes. Puis, se fut votre fidèle lieutenant et exécutant, votre « Monsieur Claude », toujours prêt à dire tout haut ce que vous pensez tout bas. Après avoir mis à l’index les Roumains, les Comoriens,puis les Musulmans en France qui « posent problème ». Il a pu dire en tout impunité que « les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux »à cause du nombre d’immigrés. Oui, Monsieur le Président, vous avez libéré la parole raciste pour de vils calculs électoralistes, vous avez accentué la stigmatisation contre mes enfants.

Cinq ans de ménage entachés de mensonges et de tromperies, cinq ans de belles paroles qui n’ont mené à rien.Vous m’avez vendu du rêve et naïvement, je vous ai cru. Qui aurait pu déceler dans vos promesses les affabulations bien construites d’un mythomane. J’avoue,je m’y suis laissée prendre. Aujourd’hui vous avez encore l’audace de renouveler vos vœux pieux et de nous promettre monts et merveilles. Pensez-vous sincèrement ne pas avoir été découvert ?! Que de mensonges ! Vous continuer à fabuler de plus belle, bien loin de la vérité, vous êtes dans votre microcosme complètement détaché de la réalité. Mais cette fois on ne m’y reprendra plus.J’ai perdu confiance, clé de voûte de tout couple. Elle n’est plus qu’un lointain souvenir.

Monsieur le Président de la République, Nicolas… j’ai besoin de stabilité et vous êtes si instable et inconstant…J’ai besoin d’un homme sincère qui tienne ses engagements et vous m’avez déjà tant trahie…J’ai besoin d’un homme qui respecte les différences de mes enfants et vous ne savez que semer la division et l’irrespect… Je ne veux pas d’un beau parleur, ou d’un habile communicant, je cherche un père pour la nation.

Pour toutes ces raisons, Monsieur le Président, je vous dis adieu et je vous quitte en quête d’un autre.

 Président association EDC.   M. Aït Omar