Banlieues Respect est une fédération d'organisation associatives provenant de quartiers situées dans les zones urbaines sensibles.
Collectif non subventionné depuis sa création en 2005.

Presse: La Croix « La destruction prévue d’une mosquée à Gennevilliers divise les musulmans »

logo la croix

Presse du  10 août 2011

Une mosquée sur le site du port de Gennevilliers doit être détruite le 5 septembre pour faire place à une fourrière.

 

Cette décision, qui fait suite à la construction d’une plus grande mosquée sur la commune, est contestée par une partie des fidèles.

Pourquoi la mosquée va-t-elle être détruite ?

Depuis 1981, le conseil général des Hauts-de-Seine avait mis le terrain situé 5-7, route Principale-du-Port, à Gennevilliers, à la disposition de la communauté musulmane, afin qu’elle puisse y établir un lieu de culte.

Lorsqu’en 2002 la mairie de Gennevilliers a décidé de louer un terrain pour l’édification d’une grande mosquée dans le centre de la commune, l’association En Nour (« la lumière »), qui gérait la mosquée du port depuis sa création, s’est engagée à rendre ce premier bâtiment à la fin des travaux du nouveau lieu de culte. Ces travaux ayant pris fin en août 2009, le conseil général a décidé la destruction du bâtiment pour affecter le terrain à une autre utilisation : une fourrière.

Pourquoi la décision est-elle contestée ?
La perspective d’abandon de la mosquée du port a rapidement fait naître des tensions au sein de la communauté musulmane. Le 30 mai dernier, en réponse à une lettre du conseil général des Hauts-de-Seine demandant de libérer les lieux, l’association En Nour a confirmé à son président, Patrick Devedjian (UMP), que les musulmans honoreraient leur engagement « dans les meilleurs délais ».

Mais une autre association musulmane, El Houda, s’est constituée pour défendre le maintien de la première mosquée. Elle accuse En Nour et indirectement son président, Mohammed Benali, de « trahison » envers les musulmans, lui reprochant de n’avoir consulté personne avant d’approuver la demande de quitter les locaux. Présidée par Lahoucine Boucheikha, El Houda organise régulièrement des rassemblements à la mosquée du port depuis le 6 mai dernier pour mobiliser les fidèles contre la destruction de la mosquée.

Mais l’association poursuit aussi un objectif plus large : elle souhaite interpeller l’opinion publique face à ce qu’elle considère comme une manifestation de l’« islamophobie » du gouvernement. Vendredi 5 août, sous la tente qui fait face à la mosquée et accueille les fidèles ne pouvant y accéder au moment de la prière, ses membres jugeaient contradictoire la volonté des pouvoirs publics de détruire la mosquée alors que manquent des lieux de culte musulmans dans l’Hexagone.

Comme le rappela ce jour-là Hassan Ben M’Barek, porte-parole du collectif Banlieues Respect et soutien actif de l’association, le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, affirmait lui-même en avril que les « prières de rue » devaient cesser. De 100 à 150 mosquées sont actuellement en construction à travers la France.

La nouvelle mosquée de Gennevilliers est-elle suffisante ?

Pour le P. Michel Jondot, ancien délégué du diocèse de Nanterre pour les relations avec l’islam et proche de Mohammed Benali, « ce nouveau centre cultuel – et bientôt cultuel – représente assurément une réussite pour la communauté musulmane de Gennevilliers et des villes alentour, mais tout le monde ne peut malheureusement pas en profiter ».

Mohammed Benali en est conscient et estime aussi qu’un second lieu de culte reste nécessaire. « La gestion de la mosquée du port pourrait être confiée à l’association El Houda si les pouvoirs publics venaient à accéder à sa demande », affirme-t-il à La Croix. La préfecture des Hauts-de-Seine souligne cependant l’« inadéquation du lieu » devant l’affluence disproportionnée de fidèles.

De plus, cette mosquée se situe en zone industrielle, comme le rappelle Patrice Leclerc, conseiller municipal (PC) à la mairie de Gennevilliers, qui a travaillé avec l’association En Nour : « La dignité des musulmans, c’est de se retrouver en pleine ville. »

Laisser un commentaire

Front des Banlieues Indépendant (FBI) structure opérationnelle et de "combat" des associations composant le Collectif Banlieues Respect.