Banlieues Respect est une fédération d'organisation associatives provenant de quartiers situées dans les zones urbaines sensibles.
Collectif non subventionné depuis sa création en 2005.

Archive pour octobre 2010

Presse: RUE 89  » la banlieue défend sa voiture à double commande »

téléchargement

Publié le

la banlieue défend sa voiture à double commande

Mauvaise nouvelle, une bonne idée est menacée : la location de voitures à double commande, qui permet d’éviter de laisser trop d’argent aux auto-écoles pour le permis de conduire. A cause d’un arrêté qui oblige les accompagnateurs à suivre une formation, les loueurs risquent de devoir fermer boutique. C’est compter sans les associations, décidées à défendre cette initiative venue des quartiers populaires.

C’est une « success story » des banlieues qui risque d’être victime de son succès. Fondée il y a deux ans et demi dans un quartier populaire, l’entreprise Permis Malin loue des voitures à double commande à des particuliers souhaitant améliorer leur conduite sans passer par une auto-école.

La voiture à double commande est un concept qui marche : depuis sa création, Permis Malin a ouvert 25 agences et fait des émules, à tel point que le ministère du Développement durable a voulu encadrer ces pratiques.

Jusqu’à présent, un apprenti conducteur ayant effectué ses vingt heures de cours en auto-école pouvait conduire une voiture à double commande en présence de n’importe quel accompagnateur, à condition que celui-ci détienne son permis de conduire depuis cinq ans.

Il en va autrement depuis le 7 octobre, date de l’entrée en vigueur d’unarrêté ministériel daté du 18 juin :

« Pour pouvoir assurer la fonction d’accompagnateur sur un véhicule équipé d’un dispositif de doubles commandes, l’accompagnateur doit avoir suivi préalablement une formation de sept heures minimum comprenant au moins quatre heures de formation pratique. »

Une formation qui devrait coûter « aux alentours de 500 euros », d’après la responsable d’un « centre agréé », qui souhaite garder l’anonymat. De quoi décourager les clients, s’insurge Julien Laziou.

Soutenu par le collectif Banlieues Respect, qui fédère une centaine d’associations des quartiers, le gérant de Permis Malin est décidé à pas se laisser mettre des bâtons dans les roues, et a déposé un recours devant le Conseil d’Etat.

« Cet arrêté est la conséquence d’un lobby des auto-écoles qui veut la mort des locations de voitures à double commande », dénonce son avocate Maître Saima Rasool.

Jean-Pierre Jubelin, gérant d’une auto-école, se réjouit quant à lui de la nouvelle réglementation :

« Avec cet arrêté, les jeunes auront davantage intérêt à apprendre à l’auto-école qu’à payer une formation. C’est la fin des voitures à double commande ! »

Il souligne le rôle du formateur dans l’apprentissage de la conduite :

« Le plus difficile n’est pas de manier les pédales, mais d’apprendre à gérer un environnement qui change constamment. Ce n’est pas à la portée d’un accompagnateur. »

« Nos clients ont seulement besoin d’entrainement »

Un argument qui ne tient pas la route, selon l’avocate de Permis Malin :

« Il n’a jamais été question d’apprendre à conduire sans passer par l’auto-école ! Nos clients ont tous déjà fait leurs vingt heures de conduite, et ont seulement besoin d’entraînement. »

Pour Julien Laziou, la société répond avant tout à un besoin social :

« En région parisienne, la conduite accompagnée se pratique peu pour deux raisons : il est difficile de trouver un conducteur régulier, ainsi qu’un véhicule adapté.

Les personnes qui viennent chez nous n’ont pas les moyens, et auraient sans doute renoncé à repasser le permis à cause des prix et des horaires contraignants des auto-écoles. »

« Le gouvernement a préféré écouter le lobby des auto-écoles »

Permis Malin emploie une soixantaines de jeunes issus des quartiers populaires. Tout un symbole pour Hassan Ben M’Barek, président du collectif Banlieues Respect, pour qui cette mesure est emblématique de l’échec des politiques publiques envers les jeunes défavorisés, notamment du Plan Espoir banlieues annoncé en 2008 :

« D’un côté, les pouvoirs publics disent qu’ils veulent favoriser l’emploi dans les banlieues, et de l’autre, ils cassent des entrepreneurs issus de nos quartiers.

Ces jeunes ont du mérite, c’est le genre d’exemple qu’il faudrait mettre en avant. Au lieu de cela, le gouvernement a préféré écouter le lobby des auto-écoles. »

Le Conseil d’Etat se prononcera le 29 octobre. En attendant, les loueurs demeurent dans l’incertitude.

Lien article: http://rue89.nouvelobs.com/rue89-eco/2010/10/24/auto-ecoles-la-banlieue-defend-sa-voiture-double-commande-172725

communiqué de presse du 21 octobre 2010

Action pour l’emploi dans les quartiers

Le Collectif Banlieues Respect organise le vendredi 22 Octobre 2010 à 12h devant le Conseil général des Hauts-de-Seine, un rassemblement de militants et de responsables associatifs afin que le président de cette assemblée, Monsieur Patrick Devedjian, affecte des moyens financiers en faveur de l’emploi des jeunes dans les quartiers.

Le Collectif Banlieues Respect regrette l’échec au niveau national du plan Espoir Banlieue et notamment sur la question de l’emploi à travers les contrats d’autonomie.

Le Collectif Banlieues Respect constate que la situation ne cesse de se dégrader dans ces zones urbaines sensibles et nous observons avec inquiétude une radicalisation des comportements.

Le Collectif Banlieues Respect estime que l’emploi est actuellement la première des priorités lorsque le taux de chômage dans certains quartiers est supérieur à 50% parmi les jeunes.

Le Collectif Banlieues Respect demande concrètement que les 40 millions d’euros d’excédents au budget 2009 du Conseil général soient affectés en urgence à l’emploi des jeunes dans les quartiers sensibles du département des Hauts-de-Seine.

Le Conseil général des Hauts-de-Seine avait été présidé par le Président de la République, Monsieur Nicolas Sarkozy.

Le Collectif Banlieues Respect qui regroupe des associations impliquées depuis plusieurs années dans l’action au sein des quartiers difficiles, avait appelé à la paix et au respect lors des émeutes de 2005.

Conseil Général des Hauts-de-Seine
2-16 boulevard Germain Soufflot
92000 Nanterre

Front des Banlieues Indépendant (FBI) structure opérationnelle et de "combat" des associations composant le Collectif Banlieues Respect.